Le clou des manifestations de la treizième Journée Nationale du Paysan a été le moment d’échanges directs entre les représentants des producteurs de tout le Burkina et leur Chef d’Etat.
Pendant plus de quatre heures, le Président du Faso a écouté les résultats des travaux, les recommandations déterminées en commun lors du forum et des ateliers.
A l’issue des réponses des membres du gouvernement et du Président du Faso à  ces préoccupations générales, les producteurs ont également eu l’opportunité d’exprimer les problèmes propres à  leur filière ou à  leur région.
Voici les questions de l’UNPC B au Président du Faso.

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Les 12, 13 et 14 mars 2009, la ville de Koudougou, dans le Centre Ouest, a abrité les activités de la 13ème édition de la Journée Nationale du Paysan. La Journée Nationale du Paysan est un cadre de dialogue entre le Président du Faso et les producteurs autour de leurs préoccupations majeures.

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Depuis 2001, les producteurs de coton africains ont lancé un appel pour les subventions au coton aux Etats-Unis et en Europe.
Les trois conférences de l’OMC n’ont pas donné de résultats qui permettaient de répondre réellement et immédiatement à  ces appels contre les subventions.

La promesse américaine

Lors de l’un de mes passages aux Etats Unis, en 2006, on avait rencontré des membres du parti démocrate qui avait promis un changement si leur parti venait à  gagner les élections sénatoriales. Lorsqu’ils ont remporté les élections sénatoriales, j’ai écrit pour leur rappeler leur promesse . Quelques années après, le parti démocratique a progressé. Leur candidat, Barack OBAMA est devenu président des USA en fin 2008.
Ces dernières semaines, le Président OBAMA a déclaré que les subventions au coton conna&agraveîtront une forte baisse.
Ces déclarations sont conformes à  la ligne de changement adoptée depuis le début de sa campagne électorale.
Le changement : chaque candidat le promet mais, très souvent, quand il a lieu c’est le changement du mal au pis.
Ainsi, lorsque ce Président parlait du changement, je ne m’attendais pas du tout à  ce qu’il sorte des promesses ou actions qui, au fond ne change rien ; mais lui, il l’a fait. Il a proposé quelque chose de concret.
Cet acte montre qu’un homme peut contribuer à  améliorer le déroulement de l’histoire.
Si trois grandes conférences n’ont pu nous aboutir une porte de sortie et qu’un homme apporte le changement, cela montre toute la valeur de cet homme, qui, certainement est visionnaire.
L’un des buts de la démocratie est le changement.

La vraie puissance des USA

Nous reconnaissons la puissance des Etats Unis dans ce sens là . Nous avons compris que le peuple américain veut un réel changement et ils ont choisi l’homme qui a cette vision.
En tant que président des producteurs africains de coton, je suis enchanté de cette évolution.
Et nous pensons également que beaucoup de choses peuvent àªtre faites. Par rapport à  ces choses, nous croyons en la volonté de OBAMA de faire la paix.
Comme j’ai eu à  le dire, le bruit de la Kalachnikov et celui de la petite daba (houe) ne peuvent pas tonner ensemble.

J’ai été en Cà´te d’Ivoire, sur invitation des producteurs de coton ivoirien qui sont entrain de réfléchir à  une stratégie pour faire revivre la filière coton dans une région qui a connu la guerre. Avec eux, j’ai mesuré tout ce qu’une guerre peut faire à  des producteurs, à  une filière comme le coton, au métier agricole.
Les conséquences de cette guerre là , m’amène à  encourager encore plus le Président OBAMA dans son engagement à  instaurer la paix dans le monde et je sais que la puissance dont disposent les Etats Unis peut aider à  cela.
La paix est primordiale parce que nous voyons avec cette crise financière, des gens chassés de leurs maisons aux USA, en Europe et d’autres gens ont faim en Afrique : La vie est chère !
Dans ma vie, j’ai surtout été un chef de famille.
Dans une famille, lorsqu’il y a une difficulté, c’est l’entente qui peut conduire à  ce qu’on se sorte de cette difficulté.
Ces crises vécues ne sont que des séquelles des mauvaises orientations économiques. J’ai toujours proposé qu’on investisse là  o๠il y a de la valeur car l’humanité toute entière gagne dans ces investissements.
Nous, les producteurs de coton africain souhaitons la paix, des investissements positifs pour ne pas àªtre un poids dans cette mondialisation.
J’ai toujours dit que l’Occident doit revoir sa politique économique. Elle devrait orientée l’économie vers l’intéràªt de l’homme.
Je sais que pour que cette vision de paix se concrétise, il faut qu’elle soit partagée par toutes les grandes puissances.
Je sais que des idées allant dans ce sens existent dans les grandes puissances économiques.
Je souhaite que ces puissances s’accordent pour suivre cette tendance vers la paix.
Il est vrai que dans toute nation, la première des priorités c’est la nation (ses composantes, son environnement) mais on ne peut pas parler de mondialisation si on ne pense pas aux autres.
Je sais qu’inclure les autres dans ses projets n’est pas impossible. Ce n’est surtout pas un drame que chacun pense à  l’autre.

Ces derniers temps, j’ai entendu que les USA ont envoyé une sonde dans l’espace à  la recherche de planètes habitables semblables à  la terre. J’encourage ce genre de recherches. Ainsi, si un jour la planète terre se révèle trop petite, au lieu de se faire la guerre pour le partage de petites portions, n’est il pas mieux pour toute l’humanité d’aller vers d’autres terres ?
La découverte des USA par l’Europe a contribué à  ce qu’elle devienne une puissance.
Mon souhait n’est pas la destruction mais que nous ayons une vision pour le futur, une vision qui nous permette de trouver des ressources pour faire face aux problèmes qui pourraient se poser.

Des expériences comme le projet d’énergie solaire que OBAMA veut développer aux USA intéresse l’Afrique.
AProCA qui a eu la vision de créer l’Université du Coton dont le siège est à  Bobo Dioulasso (une ville bien située dans la zone cotonnière d’Afrique de l’Ouest) pense qu’une collaboration avec les universités américaines, qui ont de l’expérience dans la recherche cotonnière, pourrait intéresser les producteurs de coton africains.
Tous mes encouragements au peuple américain et au président OBAMA.

Nous souhaitons que soient appliquées les décisions de baisse des subventions au coton et que ces actions soient positives pour le monde entier.

Ouagadougou, le 11 mars 2009
François TRAORE
Président de AProCA

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(AFP – 27/02/09)
Le projet prévoit de réduire les paiements directs aux agriculteurs dont le chiffre d’affaires dépasse 500.000 dollars par an et de réformer les versements aux agriculteurs ayant des revenus élevés. Ces deux mesures doivent permettre d’économiser 143 millions de dollars dès 2010, puis 504 millions en 2011 et plus de 1,2 milliard chaque année entre 2013 et 2019.

Lors de son premier discours solennel devant le Congrès, Barack Obama avait promis mardi de « mettre fin aux paiements directs aux grosses entreprises agricoles qui n’en ont pas besoin ». Le budget élimine en outre les aides pour l’entreposage du coton, économisant plus de 50 millions de dollars par an d’ici à  2019.

Ces économies sont compensées par la remise en oeuvre d’un programme de nutrition infantile, qui coûte un milliard par an. Mais avec la réduction d’autres postes de dépenses, le budget agricole américain doit baisser de 25 millions de dollars en 2011 et de près d’un milliard à  partir de 2013.

http://www.pleinchamp.com/article/detail.aspx?id=34953&menu_id=2&page=1&local=false&pub_id=2

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le cours du coton n’est pas encore satisfaisant. Mais les pas du sud développent des initiatives pour faire face. Ainsi, dans cet article de Elisabeth STUDER, le Brésil veut signer des accords de partenariat avec les pays du C4 pour développer les filières coton de ces pays d’Afrique.

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Nous avons été cité dans l’édition électronique du Monde Diplomatique dans l’article référencé OJD 166853 du 01/02/2009.
Nous trouvons que ce journal est dans un milieu positif et doit avoir les bonnes informations. Dans ce sens que je me vois obligé d’écrire cet article qui j’espère va contribuer à  aider les hommes de bonnes intentions à  se faire leur propre opinion.

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J’ai été invité par le Président de l’Assemblée Nationale du Burkina Faso à  participer, à  un séminaire des parlementaires des pays de la sous région. Cette rencontre qui s’est tenu les 8 et 10 décembre à  Ouagadougou a été organisée par l’Assemblée Nationale du Burkina, en partenariat avec l’Assemblée Parlementaire Francophone (APF), l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) sur initiative de l’OMC. Le séminaire devait permettre aux parlementaires africains de s’imprégner de ce qu’est l’OMC, ses avantages et inconvénients.
J’ai été particulièrement impressionné par le grand intéràªt de ces parlementaires africains pour le thème en réflexion. D’abord, ils ont répondu à  l’invitation et, ne se sont pas plaint bien que le séminaire ait débuté le jour de la Tabaski. Ils ont d’ailleurs commencé les travaux dès la fin de la prière du matin. Pourtant nous savons bien que pays musulman ou pas, ce jour est sacré dans notre région.
Ma présence à  ce séminaire en tant que Président des producteurs de coton burkinabè et africains montre que nos activités sont suivies et de plus, par leur invitation, les parlementaires semblent reconna&agraveître que pour se défendre en tant qu’acteur, il n’est pas forcément besoin d’avoir des diplà´mes des grandes écoles de commerce du monde.
La preuve, ils ont voulu que je fasse une présentation sur ce que je sais du commerce et particulièrement de celui du coton.

Le commerce est au stade de la raison du plus fort

Dans ma présentation, j’ai tenu à  parler du commerce dans la culture africaine.
A mon avis, depuis le moment o๠l’homme a décidé de cultiver pour se nourrir et d’habiter une maison, il a commencé à  avoir production et échanges.
Par la suite, les hommes ont commencé à  échanger au-delà  de leurs villages. Ils se sont organisés pour tenir des marchés de manière alternée. Je dois préciser que dès que les échanges ont dépassé le niveau village, les échanges se faisaient de moins en moins en nature et des gens ont fait de leur métier leur intervention dans l’échange.
Le commerce est donc parti du bon sens. De familial à  professionnel, du professionnel au plus malin, du plus malin à  la raison du plus fort.
C’est à  partir de cette étape qu’il y a eu la colonisation qui a été suivie des indépendances.
Au moment des indépendances, il y a eu des semblants de convention qui donnaient des privilèges à  certains de nos partenaires sur les produits africains.
Voilà  comment le commerce africain a été miné. Notre continent est un paradis de matières premières ne pèse qu’environ 2% à  3% dans le commerce mondial.
Dans cette situation, la création de l’OMC ne pouvait àªtre que salutaire à  mon avis car cette raison du plus fort allait àªtre atténuée pour la cause de l’Homme.
L’instauration de cet équilibre que l’on attendait de l’OMC a toujours été freinée par les forces économiques et le dossier coton a permis de tout dévoiler.
Ce qui est marquant dans le cas du coton à  l’OMC, est que pour l’une des rares fois, l’Afrique a eu la volonté et la capacité de s’unir et de « dire non. On n’accepte pas tant qu’on n’est pas satisfait ! »
On nous dira, « on a rien gagné ».
Moi je trouve qu’on a gagné à  ce que l’Afrique sache qu’elle était passive dans les lieux de négociations.
Nos représentants doivent s’unir et parler commerce non soumission pour leurs peuples.
Peut àªtre que certains croient qu’en tenant tàªte ils vont perdre leur poste ; alors qu’en tenant tàªte, je suis certain que cela permet de faire entrer fermement l’Afrique dans le commerce mondial.
Si l’Afrique entre dans le commerce mondial et que le niveau de revenus de ses habitants est relevé, l’Occident ne perd rien en contre partie ; tout le monde gagne.
Voyez présentement, c’est aux pays émergeants que l’Occident vend des usines et avions. Il s’adresse à  eux parce qu’il sait que ces pays ont la capacité d’acquérir les biens et pour cela, les màªmes pays du Nord courent derrière ces anciens pays pauvres.
Nous voulons que nos dirigeants africains choisissent le commerce de nos produits pour ce faire une place plutà´t que le commerce des armes. En effet, quant il n’y a pas de développement, il y a mésentente et achat d’armes.
L’Occident gagne financièrement dans la vente des armes mais perd dans la défense de la cause de l’Homme et dans le commerce positif.
Ce n’est pas pour rien que l’Occident a été surprise par une crise financière que ni leurs savants et ni leurs conseils n’ont vu venir.

Le débat sur les Accords de Partenariats Economique a également été une occasion pour rappeler que la collaboration entre l’Afrique et l’Europe n’a pas toujours permis le développement d’un commerce libre entre nous africains car nos capacités sont moindre par rapport à  ceux du Nord.
Les producteurs du petit village de Sogodjankoli ne connaissent ni la lumière ni le goudron. L’argent de la plupart ne leur permet pas d’acheter les produits européens màªme s’ils sont sans frais de douane.
Leurs revenus ne leur permettent pas de participer et ils n’ont pas encore vu la modernité.
Màªme si les APE sont signés, ses producteurs resteront exclus du commerce mondial.
Ces producteurs représentent 80% de la population de nos pays.
Le séminaire a également montré que le rapprochement est nécessaire entre les parlementaires et la Société Civile.
La collaboration doit àªtre permanente et non pas seulement pendant les campagnes politiques. Les politiques doivent changer leur manière de battre campagne, ils ne doivent plus utiliser des intéràªts immédiats pour attirer la population mais plutà´t des visions qui permettent l’adhésion et l’engagement des acteurs professionnels et de ceux de la Société Civile.
Les parlementaires de nos pays doivent renforcer leur relation. Ceci, non seulement pour se souder mais aussi partager des expériences positives, parce qu’il en existe, en Afrique.
Nos gouvernants également doivent avoir une stratégie d’écoute des parlementaires et des acteurs de la Société Civile.
Nous pouvons continuer à  accuser l’Occident mais nous savons qu’il n’est pas interdit d’avoir une véritable cohésion pour le développement.
D’ailleurs, lorsqu’il y a réussite en Afrique, l’Occident en parle. Actuellement, elle cite certains pays africains, du Magrheb, du Sud (Botswana) comme des exemples.
Aussi, on remarque qu’à  la fin du règne de certains dirigeants du Sud, l’Occident n’hésite pas à  critiquer leurs soumissions politiques.

Pour finir, je tiens à  préciser que j’admire l’initiative de l’OMC d’organiser un séminaire de parlementaires en Afrique. Elle montre que malgré les difficultés, il y a des hommes de bonnes volontés qui eux, ràªvent toujours d’un monde à  visage humain.
Je remercie l’Assemblée Nationale du Burkina pour l’organisation de ce séminaire et pour nous avoir associés. Je remercie les parlementaires africains pour leur contribution qui m’a permis d’apprendre beaucoup.
Je souhaite que Dieu les accompagne.

Bobo Dioulasso, le 22 décembre 2008

François TRAORE
Docteur Honoris Causa

Président de AProCA

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En fin de mois septembre, je me suis rendu au Mali pour m’entretenir avec les responsables de leurs organisations de producteurs de coton. Là -bas, trois structures interviennent dans la représentation des producteurs de coton. Il s’agit de l’AOPP, du MOBIOM et de la dernière née l’Union Nationale des Sociétés Coopératives des Producteurs de coton du Mali (UN SCPC Mali).
L’AOPP est une structure à  dimension nationale au sein de laquelle existent des commissions par filières.
Chaque commission est animée par les acteurs de la filière qu’elle représente. L’AOPP a ainsi une commission coton qui est constituée de producteurs de coton.
Le MOBIOM, lui est née avec l’avènement de la promotion du coton biologique. Il a été crée pour représenter les producteurs de coton biologique et a été mis en place avec l’appui de Helvetas.
L’UN SCPC Mali, qui marque la volonté des professionnels de se structurer en coopérative, est la dernière née de toutes ses structures. Alors que la représentation de tous les producteurs de coton du Mali est l’une de ses principales missions, elle y arrive difficilement à  cause de l’intervention plus ancienne des deux autres structures dans ce domaine. Cette situation à  conduite à  l’interpellation adressée à  AProCA.
La cohésion et l’unification des producteurs dans les pays membres est l’un des objectifs de AProCA. J’ai effectué deux missions au Mali pour mieux comprendre le fonctionnement de la représentativité et contribuer à  renforcer la cohésion entre les organisations.
Heureusement, il existe des atouts pour que cette confusion de rà´le ne se transforme en crise.
En effet, une bonne partie des membres de l’AOPP sont également membres de la nouvelle union. L’autre atout est que AProCA a pris l’engagement de fédérer les initiatives sur le coton, de susciter des rencontres entre les acteurs, de s’accorder sur un programme d’échanges avec les structures crée pour ses initiatives comme le MOBIOM.
Les présidents des trois structures se sont réjouis de notre venue et ont pris l’engagement de pérenniser le cadre d’échange ainsi crée afin que les organisations de producteurs de coton contribuent à  la relève de la filière coton malienne. Ils reconnaissent l’UN SCPC Mali comme la structure faitière représentant le coton au Mali. Ils espèrent qu’elle arrivera à  les fédérer.
En tant que Président de AProCA, je suis satisfait que nous ayons contribué à  susciter la concertation. Cette synergie des organisations cotonnières du Mali contribuera certainement à  ce que la filière cotonnière Africaine devienne le modèle d’une structure favorisant l’unification des producteurs et la collaboration avec les décideurs.

Bobo Dioulasso, le 20 décembre 2008

François TRAORE
Docteur Honoris Causa
Président de AProCA

Le Ministère de l’Agriculture a organisé les 22 et 23 décembre à  Ouagadougou, un forum national de relecture et de réorientation du Plan d’Action sur les Céréales.
Cette rencontre de concertation sur les visions et les actions de réorientations du plan d’action céréale a regroupé les acteurs et techniciens des ministères et de la société civile.
Je ne prétends pas faire le rapport du forum mais, je me sens moralement obligé de faire conna&agraveître les impressions que m’a laissées cette importante rencontre.

Il faut instaurer une discipline dans nos filières

La pénurie des produits alimentaires et la vie chère pendant l’hivernage dernier a conduit les autorités et la société civile à  se rendre compte qu’il faut développer une approche de partage et à  revoir les objectifs de l’agriculture et de la production céréalière.
L’Etat a compris que sans l’organisation des acteurs il n’y aura jamais de développement ; il n’y aura que des vies chères.
Cette prise de conscience peut faciliter l’approvisionnement et la commercialisation.
Si l’on veut que la filière céréalière se développe, je pense qu’il est nécessaire de faire un recensement des acteurs qui ont la capacité et la motivation d’àªtre des modèles dans la production céréalière. Il faudra ensuite œuvrer à  les réunir dans des filières o๠une discipline stricte sera appliquée. Grà¢ce à  cette discipline, les producteurs, quelque soit le niveau ou ils se trouvent seront informés et leurs activités seront plus visibles aux yeux de l’Etat et de la société.
Notre principale faiblesse se trouve dans notre organisation et le peu de rigueur. On a attendu trop longtemps que la discipline vienne d’elle màªme.
Je pense qu’il est temps qu’on l’influence car beaucoup d’axes de développement dépendent de l’application de règles strictes et on a plus le temps d’attendre.
La discipline est très importante car à  travers elle, on peut devenir une force dans le processus de développement.

Produire crée un lien entre les acteurs et les chercheurs ; entre les acteurs et les transformateurs ; entre les acteurs et les consommateurs. Depuis plusieurs années, je dis qu’on ne pourra jamais se développer tant que l’on continuera à  produire sans pouvoir bien vendre.
Lorsqu’il y a pénurie de céréales, tout le monde va vers le producteur qui lui aussi n’en a pas assez. Il arrive que le producteur vende à  perte et màªme à  son détriment. Il peut vendre ses céréales jusqu’à  ne plus en avoir pour son alimentation.
Mais, lorsqu’il y a eu beaucoup de production, l’agriculteur est laissé avec sa récolte dans les bras et toutes les difficultés retombent sur lui parce qu’il a beaucoup produit. En ce moment, il vend aussi à  perte ; ce qui ne lui permet pas de continuer à  àªtre productif.
En plus, le profond enclavement de nos terroirs contribue à  près de la moitié des difficultés que les filières subissent. Généralement, ce sont les endroits fertiles qui sont inaccessibles alors que c’est à  ces endroits là  que se trouvent d’importantes récoltes des campagnes agricoles. Mais, ce sont des produits qui ne profitent ni aux producteurs, ni aux consommateurs.
Les transporteurs qui se rendent dans ces localités inaccessibles doivent trouver des moyens pour maintenir leur activité. Ainsi, lorsque leurs véhicules se cassent quand ils se rendent dans ces endroits, les producteurs payent la panne : les transporteurs €“ commerçants réduisent le prix d’achat des céréales aux producteurs.
Au marché, toutes les pièces cassées lors du voyage retour sont payées par le consommateur car ces coûts sont comptabilisés dans le prix de vente.
Ce sont ces coûts supplémentaires qui me font dire que le désenclavement est nécessaire.
On a vu les résultats positifs que le développement des télécommunications a donnés dans les milieux inaccessibles.
Le développement du réseau routier pourrait produire des résultats dix fois plus importants.
Je suis convaincu que le Burkina Faso, en mettant une vraie politique agricole et commerciale en place peut devenir une puissance agricole surtout que les traditions alimentaires dans notre région sont encore un peu préservées. Nous avons gardé des habitudes de consommation des céréales locales.
Ces habitudes pourraient àªtre changées s’il n’y a pas un développement du secteur de la transformation ; et cela va àªtre très grave pour notre économie.
La résolution du problème foncier fait partie des axes que le Burkina Faso a bien entamé.
J’ai beaucoup d’espoirs par rapport à  cette dynamique de recadrage de la politique agricole de notre pays.
A mon avis, rien ne doit plus trainer car chaque retard coûte cher. N’oublions pas que nous sommes dans une mondialisation o๠les uns aiment profiter des retards et des erreurs des autres.
Plus tu te fais plaisir en croyant que tu fais de bonnes choses, plus ils sont contents et t’encourage dans cette voie.
Heureusement que nous savons aussi que cette màªme mondialisation n’empàªche pas d’aller plus vite avec des plans concrets pour accélérer l’atteinte de résultats positifs.

Bobo Dioulasso, le 24 décembre 2008.

François TRAORE

Docteur Honoris Causa

Président de AProCA

J’ai participé à  la rencontre annuelle de l’INERA à  Ouagadougou.
Malgré le nombre de fois auquel j’ai été convié, je suis toujours honoré de participer à  cette réunion des scientifiques car, comme je l’ai toujours dit, la recherche, « c’est la sorcellerie d’un pays ». Elle doit àªtre beaucoup soutenue et protégée.
Au cours de la rencontre, il a été dit qu’il y a des résultats intéressants auxquels la recherche arrive mais qui en général, ne sont pas utilisés.
De plus, le soutien de l’Etat diminue d’année en année et les difficultés des centres de recherche augmentent. Ainsi, pour ce qui est de l’agriculture les terres d’expérimentation sont retirées ou réduites.
Pourtant, la filière coton fait exception. Il est à  remarquer que les résultats de la recherche y sont utilisés. Cela montre que des acteurs bien organisés peuvent exprimer une demande spécifique aux scientifiques. A partir de cette demande des résultats peuvent àªtre produits et utilisés par des acteurs qui y trouvent leur intéràªt.
En exemple, l’UGCPA a passé une convention avec la recherche pour la production d’une semence de sorgho. Cette semence a satisfait les producteurs qui ont obtenu quatre tonnes à  l’hectare alors qu’habituellement ils récoltaient moins d’une tonne à  l’hectare.
Au vu de cela, je me suis dit qu’il est nécessaire de mener une réflexion au niveau politique pour faire progresser l’organisation du monde agricole suivant la voie de la filière comme la loi 14 le permet.
La loi 14 a plus de 8 ans. Pourtant les filières ne sont pas encore bien organisées. Elles ne sont pas toute en mesure d’établir des contrats commerciaux ni des contrats avec la recherche.

L’organisation des producteurs par filière, un passage obligé

On nous dira « donnez du temps aux acteurs pour qu’ils s’organisent ». Cependant, la crise a montré que le long temps que les acteurs vont mettre à  comprendre l’importance d’une telle démarche et à  s’organiser aura des conséquences négatives sur nos conditions de vie. Pour ces raisons, je propose une structuration parfaite des filières stratégiques au Burkina Faso d’ici trois ans.
C’est une obligation de travailler à  instaurer la rigueur dans une profession car au cas contraire, les acteurs économiques coûtent chère à  la nation. Ces acteurs contribuent de manière insuffisante à  leur propre survie à  plus forte raison, ils n’ont pas la capacité d’aider la nation. La nation, elle non plus ne peut leur apporter de l’aide s’ils ne s’imposent pas une discipline.
L’organisation des producteurs par filière peut permettre une bonne collaboration entre producteurs, également entre producteurs et chercheurs.
La recherche, elle aussi, ne doit pas se contenter du nombre de personnes qui travaille pour elle. Elle doit se soucier surtout du nombre de personnes satisfaites par ces travaux, de la valeur des résultats obtenus, de leur utilisation et de ce qui doit àªtre adapté.
C’est avec l’augmentation des revenus des 80% de la population que l’Etat peut mieux contribuer à  la recherche et les acteurs aussi.
L’expérience acquise grà¢ce à  certains déplacements, me fait dire qu’une des clés de la réussite de certains pays comme le Brésil se trouve dans la dynamique et l’adaptation des réussites scientifiques aux besoins des acteurs.
J’apprécie la représentation des acteurs au sein de ce cadre de concertation des scientifiques ; j’ai espoir que ce type de cadre va s’étendre à  d’autres acteurs mieux organisés pour que les résultats de la recherche soient bien utilisés. Ainsi il y aura un changement effectif dans nos modes de production.

Bobo Dioulasso, le 24 décembre 2009

François TRAORE

Docteur Honoris Causa

Président de UNPC B

Président de AProCA