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La campagne agricole n’a pas été reluisante au Burkina Faso. Cultures vivrières et cultures de rente connaissent une chute de rendement liée notamment à des facteurs naturels. Cependant, spécifiquement dans la filière coton, une cabale de dénigrements est en cours avec de fortes odeurs de manipulations sous le sceau de l’incivisme.

Les caprices de dame nature ont été sans clémence pour la filière coton du Burkina. Le faible cumul des précipitations  de 849 mm contre un normal  de 950 mm, avec une très mauvaise répartition  dans le temps et dans l’espace, a plombé la croissance de l’or blanc. Conséquences : des poches de sècheresse freinant la bonne réalisation des opérations de fertilisation. A l’actif de cette baisse de rendement, on peut également citer la prolifération des parasites tels que les chenilles des capsules et les piqueurs suceurs de sève dont les mouches blanches. Les données issues des campagnes capsulaires fixent le niveau de la production prévisionnelle à 563 000 tonnes graines en zone SOFITEX (Société burkinabè des Fibres Textiles) au titre de la campagne 2017-2018 contre les attentes de production de 650 000 tonnes de coton graine soit un taux de réalisation de 87%. Ce qui est toutefois loin d’être catastrophique pour le Burkina Faso.

La fronde pour justifier une défaite électorale à la tête de l’UNPCB

Les causes de la baisse de rendement au champ sont connues. Cependant des individus motivés par des desseins lugubres s’échinent à aller en cabale contre des institutions, voire des personnes physiques. Frustrés d’avoir lamentablement été battus lors des élections pour la désignation des membres de l’Union Nationale des Producteurs de Coton (UNPCB), ils clament à qui veut l’entendre y compris aux sourds, que le président de l’UNPCB, Bihoun BAMBOU est un illettré manipulé par des créanciers de l’Union. Pour rappel monsieur Bihoun BAMBOU est le plus grand producteur de coton au Burkina Faso. Il a été élu par ses pairs, après une crise profonde, pour la constance de ses rendements et sa vision. Il n’est certes pas un intellectuel, mais demeure un producteur averti, brillant qui allie dans ses champs outils modernes et pratiques traditionnelles.

Le Burkina Faso reste ouvert à la biotechnologie

Depuis 2015, après s’être rendue à l’évidence que MONSANTO n’a pas été dans le sens des travaux de recherches souhaité par la filière coton pour apporter les corrections au niveau des caractéristiques des fibres, l’Association Interprofessionnelle du Coton du Burkina (AICB) s’est résolue à rompre son contrat avec la firme américaine. Le retour au coton conventionnel est priorisé dans les champs au détriment du coton Bt dont les limites catastrophiques sont observées au-delà des frontières burkinabè. Il était alors prévu dans les superficies la culture de 100% de coton conventionnel. Cette démarche a été suivie d’une vaste campagne d’explication au cours de laquelle les pro-Monsanto sont restés muets. Le Directeur général de la SOFITEX, Wilfried YAMEOGO, contre vents et marrées a mené la campagne de communication. La SOFITEX est, paradoxalement, infiltrée par des intérêts MONSANTO, prête à torpiller le navire. Les producteurs sensibilisés durant la saison 2016-2017,  se sont mis à l’ouvrage et 544 000 tonnes de coton graine sont récoltées. Le coton 100% conventionnel occupe alors le rang de premier producteur de coton en Afrique. Les raisons de la contre-performance de la production n’ont donc aucun rapport avec l’abandon du coton Bt.

L’incivisme étant le plat de prédilection de certains Burkinabè, des producteurs manipulés par d’anciens responsables de l’UNPCB refusent de s’assumer et invitent les cotonculteurs à ne pas rembourser les dettes contractées dans l’achat des intrants. C’est un acte irresponsable et foncièrement maladroit. A ce rythme tout le monde trouvera le filon pour ne pas s’acquitter de ses dettes.

Le coton n’est pas produit pour être brouté par les moutons

Le Burkina Faso ne rejette pas la biotechnologie. En décembre 2014, avant la rupture avec MONSANTO, la filière coton avait pris contact avec la firme allemande BAYER.  Il convient d’indiquer que BAYER a racheté MONSANTO. Le processus de rachat ayant pris du temps, c’est cette année que le Burkina et BAYER entrent dans le fond des discussions pour établir un partenariat. Objectif : concevoir un nouveau produit devant répondre  aux caractéristiques techniques du coton burkinabè qui avait déjà son label  à l’international. Le marché mondial s’intéresse à la fibre longue du coton et à ce sujet MONSANTO, adepte du coton génétiquement modifié, connait des limites. Deux éléments fondamentaux rentrent dans le négoce du coton : la longueur de la soie et la couleur des fibres. Le rejet de MONSANTO n’est donc pas du seul fait des producteurs burkinabè. Le respect des normes du marché justifie l’option prise par l’AICB. Le coton, en somme n’est pas produit pour être brouté par les moutons. Il faut le rentabiliser.

Le céréale n’est pas épargné

De juin  à août 2018 ce sont au total 620.384 personnes qui seront en insécurité alimentaire au Burkina Faso. La production prévisionnelle rapportée au besoin de consommation céréalière connait un déficit brut estimé à 72 677 tonnes. Le bilan cartographié se présente comme suit : 17 provinces sont déficitaires, 6 provinces en équilibre et 22 provinces sont excédentaires avec pour corollaire une baisse de 0,32% sur les prévisions (4 552 273 tonnes).

L’Etat est dans l’obligation de maintenir et de renforcer les opérations de vente de vivres (25.000 tonnes) à des prix subventionnés dans les boutiques témoins. Plus de 5 milliards sont injectés dans cette opération.

La baisse de rendement  s’explique par différents facteurs naturels : installation précoce des pluies, des régions de déficits pluviométriques en terme de hauteur d’eau, certaines excédentaires, des poches de sècheresses coïncidant avec des stades critiques notamment de floraison, la maturation des cultures, des attaques de chenilles légionnaires d’automne  à tous les stades de développement végétatif des cultures, d’oiseaux granivores dans certaines localités…

Si le Burkina Faso décide de revenir à la production du coton Bt, l’expérimentation scientifique y relatif doit suivre son cours. Ce qui nécessite un certain temps et surtout plus de rigueur dans la désignation de ses partenaires.

KANDOBI YEDA (RadarsBurkina.net)

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