Les opportunités que les africains peuvent tirer du SIA

Je voudrais tout d’abord féliciter le Président François TRAORE pour cette analyse. Car le problème est bien là ! Quelle vision avons-nous pour notre agriculture? Que voulons-nous faire de notre agriculture en Afrique de l’Ouest? Que veulent réellement nos agriculteurs et comment s’y engagent-ils?

Il n’y a pas de hasard! Le Président Traoré lui-màªme a acheté son premier tracteur, il y a de cela combien d’années? Il y pensait, il en connaissait l’utilité, c’est pourquoi il l’a acheté; et faut-il signaler qu’à  l’époque, il n’était pas riche mais il s’est arrangé pour l’acquérir.

Il y a des milliers de nos parents agriculteurs qui savent ce qu’ils peuvent faire avec un tracteur et qui ont les moyens pour l’acquérir, mais que font ils?

Pire, je suis parfois écoeuré d’entendre des « intello » cadres dans nos ministères d’agriculture dire que  »nos paysans n’ont pas besoin de tracteur » ; on en fait màªme une problématique  »Quelle mécanisation pour l’Agriculture Africaine? » et on en écrit des livres et on en fait des colloques! Comme si l’Afrique était sur une autre planète! Comme si, ce qui fait et qui continue de faire la richesse des autres continents ne pourrait pas marcher chez nous? Ne serait pas adapté à  nos conditions? Quelle bàªtise?

Je voudrais demander au Président Traoré de se patienter, un jour, peut àªtre, l’inconscience de l’intelligence africaine (la noire bien sûr ! car l’Afrique du nord est très loin devant ainsi que l’Afrique du Sud), cette inconscience finira un jour! Comme ça, nous adopterons le premier des réflexes de l’acquisition de la connaissance, celui là  qui consiste simplement à   »imiter tout bàªtement » ce que les autres ont bien fait.

Mon Président, avant 1960 tout près ici, l’agriculture française était à  quelque chose près identique à  la nà´tre aujourd’hui, mais il y a eu une réforme agraire, soutenue par la Loi d’orientation agricole de 1960 en France. Cette loi a été adoptée après une longue crise qui avait secoué la société rurale et l’agriculture françaises de 1953 – 1963. Mais bien avant cela, il y avait déjà  la loi sur le remembrement des propriétés (en 1920), la loi sur l’héritage (en 1938) et surtout le statut du fermage et du métayage définitivement établit en 1945.

Et aujourd’hui encore, la France continue d’adapter ses textes de lois à  chaque fois que les situations changent et que la nécessiter s’impose, avec la différence évidemment que quand un texte de loi est voté en Europe, il s’applique à  tous effectivement, contrairement à  ce qui se passe chez nous! O๠les lois sont faites pour les tiroirs ! O๠les lois sont en parfaite incohérence avec les réalités quotidiennes ! Oà¹ à  force de vouloir satisfaire les uns ou les autres, on établit des lois inapplicables à  la fin !

Quel est ce gouvernement qui est pràªt à  s’engager dans une véritable réforme agraire aujourd’hui sans craindre de perdre le pouvoir? Combien de nos cadres ne voudront-ils pas profiter d’une certaine réforme pour s’accaparer des terres de petits paysans illettrés? Le vers est dans le fruit!

Les européens l’ont fait, en son temps, avec rigueur et discipline ; sans spolier les faibles ni avantager les forts ; Ils l’ont fait tout en mettant en oeuvre de vraies mesures d’accompagnement, des pràªts bonifiés aux agriculteurs, des aides directes, des rachats au juste prix des terres qui ont été redistribuées à  ceux qui voulaient les exploiter ; ils ont mis en œuvre des programmes d’installation de jeunes agriculteurs formés dans des écoles techniques; et ça continue encore de nos jours.

Les agriculteurs eux màªmes ont joué un rà´le décisif dans ce sens, la FNSEA et surtout le CNJA ainsi que les autres syndicats d’agriculteurs.

C’est pourquoi, Président, de l’avion, on voit aujourd’hui que l’espace agricole français et européen est bien délimité, bien tracé et on en fait màªme des oeuvres d’art tant c’est beau de contempler ces aménagements du ciel!

C’est une question de responsabilité politique et d’engagement national! Mais chez nous, nous continuons encore de nous leurrer nous màªmes, et les autres nous distraient parce que ça fait vivre leurs agriculteurs (quelle quantité de produits agricoles, importons nous en Afrique de l’ouest o๠pratiquement presque plus personne ne passe une journée sans manger du pain à  base du blé? du riz importé? du lait en bo&agraveîte ou en poudre? les spaghettis? Et que sais-je encore?

Merci Président pour ces réflexions, j’espère qu’elles tomberont dans les oreilles des sourds qui nous gouvernent afin de susciter une bonne réaction de leur part. Mais, il ne faut pas perdre de vue que nous sommes tous responsable de la situation à  des degrés divers bien entendu.

Issifou DADO DOKO.

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