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SIA 2009 : Réfléchir aux opportunités de l’agriculture européenne

Du 21 février au 1er mars 2009, les agriculteurs de la France ont tenu leur salon Internationale.
La fondation FARM m’y a invité. Comme de coutume, la France a exposé pendant une semaine ses réussites et ses atouts dans le développement de l’agriculture et de l’élevage.
La visite des stands d’exposition m’a convaincu que la France a découvert les secrets de l’agriculture.
J’ai été impressionné, vu que je suis paysan et leader d’organisations paysannes, par les résultats atteints par un Etat qui a bien investi dans son agriculture.
J’ai pu constater la grande capacité de ces producteurs, formés dans des lycées spécifiquement agricoles, et leur détermination à  faire encore évoluer leur métier.
Ils nous ont donné à  voir des bœufs qui pèsent près de 2 tonnes, des vaches qui donnent plus de 50litres de laits par jour, sans compter les poules pondeuses, les porcs de races bien sélectionnées, qui sont bien nourris aux céréales pour produire de la bonne viande à  un temps réduit.
Lorsque dans l’avion, on regarde les parcelles agricoles de la France bien déterminées et bien entretenues, on ne doute pas de la bonne gestion du foncier. La qualité des tracés et de l’entretien m’amène à  dire que ce type de problème a du àªtre définitivement résolu depuis bien longtemps.
La qualité de ces animaux, le système de parcellisation m’ont fait comprendre les atouts de l’agriculture moderne.

En continuant ma visite, j’ai pu admirer les machines agricoles. Lorsque je suis arrivé dans le hall, je me suis cru dans un autre monde.
Le top du matériel agricole fabriqué sur le continent européen et màªme asiatique était exposé.
Je me suis demandé pour qui toutes ces usines continuent à  fabriquer ce matériel ; parce qu’en France et partout en Europe les paysans sont dotés de matériels modernes.
Et en plus, beaucoup d’africains ne se proménaient pas là  o๠le matériel agricole était exposé, comme si ces outils de travail n’étaient pas notre préoccupation, malheureusement.
Pourtant je trouve que c’est une chance qu’on devrait saisir car chez nous il y a toujours la place pour des innovations dans l’agriculture alors que là -bas, en Europe, le matériel est en excès.
Et si les usines continuent à  fabriquer des machines et à  les proposer uniquement à  leurs paysans qui n’en ont pas forcément besoin, je m’attends à  une crise.
Cela parce que ceux qui en ont réellement besoin (dont nous les africains) n’ont pas les moyens de les acheter.
C’est ce qui est entrain d’arriver avec le commerce de véhicules. En Afrique, le peu de gens qui disposent de quelques moyens se contentent de véhicules d’occasions parce que les neufs sont chers ; en conséquence les fabricants de véhicules sont bloqués.
Si l’on parle du fait qu’il y a des gens qui meurent de faim dans le monde, je suis sûre que les fabricants et vendeurs de matériels agricoles auront des difficultés à  me croire. Ils diront que c’est parce que ces gens n’ont pas leurs matériels.

Alors j’interpelle nos Etats et nos partenaires à  réfléchir sur l’accessibilité du matériel.
Nous et notre jeunesse voulons rester chez nous mais nous avons besoin de matériels et l’Europe en possède en grand nombre.
Je pense qu’il n’est pas nécessaire de réfléchir beaucoup ou de consulter un charlatan pour savoir qu’on devrait faire une sorte de troc.
Déjà  que le troc existe entre l’Europe et l’Asie. Quand j’entends qu’un chef d’Etat européen s’est rendu en Asie, j’entends aussi que son pays a vendu ou est entrain de vendre des avions ou du matériel au pays asiatique visité. C’est cette coopération concrète que nous voulons.
Les échanges d’expériences doivent s’étendre à  tous les domaines ; comme celui de l’acquisition, de la gestion du matériel agricole.
Mais l’utilisation du matériel agricole ne suffit pas pour résoudre les difficultés de l’agriculture sur notre continent. Il faut aussi continuer le désenclavement de nos zones agricoles et progresser dans la résolution des problèmes fonciers.
Je souhaite qu’on puisse avancer véritablement dans l’agriculture. Cela sera de l’intéràªt de tout le monde. Tant qu’on ne permettra pas à  ces 80% d’africains agriculteurs d’entrer véritablement et avec de réelles capacités dans le système économique, ça n’ira jamais très bien dans le monde.
J’ai trouvé ce salon très important car il permet à  nous producteurs africains de faire la véritable mesure du développement de l’agriculture pour savoir si on est sur le bon chemin.

Bobo Dioulasso le 1er avril 2009
François TRAORE
Docteur Honoris Causa
Président de l’UNPC B
Président de AProCA

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